« Il ment aux gens » et « son programme est raciste » : l'attaque de Macron contre Le Pen au dernier jour de la campagne

Sous la pression pour un avantage qui s'évanouit dans les sondages, le président français a intensifié ses dictons contre l'extrême droite, devenue son principal rival pour le premier tour du scrutin de dimanche

French President Emmanuel Macron attends a meeting with French far-right National Rally (Rassemblement National) party leader Marine Le Pen at the Elysee Palace in Paris, France, February 6, 2019. REUTERS/Philippe Wojazer/Pool

Sous la pression pour un avantage qui s'évanouit dans les sondages, le président français Emmanuel Macron a intensifié vendredi ses attaques contre l'extrême droite Marine Le Pen, devenue sa principale rivale pour le premier tour du scrutin de dimanche.

« Marine Le Pen ment aux gens », a souligné M. Macron lors d'un entretien au journal Le Parisien, au moment où son rival s'approche dans les sondages et menace même la victoire du centriste - grand favori depuis des mois - lors du scrutin du 24 avril.

La dernière série de sondages publiés avant le jour de réflexion de samedi, dans lesquels la France entrera dans une bulle de silence sans campagne, confirme la tendance à la hausse du candidat du Groupe national (RN), qui a déjà suscité des craintes dans certains secteurs.

Read more!

Macron arrive en tête du premier tour avec 26 % à 27 % des intentions de vote, suivi de Le Pen (de 22 % à 25 %) et du gauchiste Jean-Luc Mélenchon (de 16,5 % à 18 %). L'avantage du président face à l'extrême droite est réduit à entre 2 et 8 points lors du scrutin, selon les sondages.

Le dernier jour de la campagne, le président français a tenté de saper l'image modérée et proche des problèmes des personnes que Le Pen s'est taillé pendant la campagne : « Votre programme est raciste. C'est un programme de sortie d'Europe, même si elle ne le dit plus clairement. »

« Une compétition électorale est une confrontation d'idées », « ce n'est pas un combat », a répondu Macron « agressif » et « fiévreux », l'héritière du Front national de Jean-Marie Le Pen, son père, lors d'une visite sur un marché de Narbonne (sud).

La France semble en bonne voie pour répéter le duel Macron-Le Pen de 2017, mais l'issue semble plus incertaine dans un pays qui a connu au cours des cinq dernières années des manifestations sociales, une pandémie et craint les effets sur la poche de l'invasion russe de l'Ukraine.

Face à ce duel possible, les autres candidats commencent à se positionner, avant même le premier tour. La socialiste Anne Hidalgo, le communiste Fabien Roussel et l'écologiste Yannick Jadot ont annoncé qu'ils appelleraient à empêcher la victoire de l'extrême droite au second tour.

Le journal Le Monde a prévenu ce vendredi dans un éditorial du « danger » que Le Pen arrive au pouvoir. « L'extrême droite n'est pas un adversaire, c'est un ennemi », a déclaré à l'agence AFP le chef de la CGT, Philippe Martinez, dont le syndicat doit décider mardi du vote qu'il donnera.

Pour le directeur de la Fondation Jean-Jaurès, Gilles Finchelstein, le traditionnel « front républicain » des partis ne suffira pas à isoler Le Pen au second tour, car, si ce système n'a pas disparu, il est usé.

Symbole de ce changement, la candidate de l'ancienne droite au pouvoir, la libérale Valérie Pécresse (Les Républicains), a assuré qu'elle ne donnera pas de slogan de vote après le premier tour car « les Français sont libres », même si elle révélera pour qui elle votera.

Le « front républicain » a déjà été activé à deux reprises dans l'histoire récente de la France. En 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen passe à contre-courant au second tour face au conservateur Jacques Chirac, qui le bat avec plus de 80% des voix, et en 2017.

Mais comme en 2002, le résultat du premier tour, qui sera connu dimanche à partir de 20h00 (18h00 GMT), peut apporter des surprises. Mélenchon, animé par son image de « vote utile » d'une gauche atomisée, espère passer au balotage.

Ce vendredi, l'ancienne ministre Christiane Taubira, qui a tenté en vain d'être candidate au scrutin, a soutenu le gauchiste, puisque, face au « risque » que Le Pen « arrive au pouvoir », voter pour lui est un moyen de « bloquer le chemin » à l'extrême droite.

Dans les dernières heures de la campagne, les 12 candidats ont précipité leurs derniers tours pour mobiliser les électeurs, surtout quand seulement 69 % déclarent qu'ils voteront en toute sécurité. Parmi ceux-ci, un sur trois doute encore pour qui voter, selon un sondage Ipsos-Cevipof.

« C'est la première élection qui atteint un rythme aussi indécis », a déclaré le politologue Pascal Perrineau, pour qui cela laisse présager une incertitude « importante » quant à savoir qui sera en charge de cette puissance économique et nucléaire mondiale.

(Avec informations AFP)

Continuez à lire :

Read more!