Rome, 18 mars Le gouvernement italien a approuvé aujourd'hui un décret qui réduira les droits d'accises sur le prix d'un litre d'essence et de diesel de 25 centimes d'euros pour atténuer l'escalade de l'énergie, comme l'a confirmé le Premier ministre italien Mario Draghi. Le texte, approuvé à l'unanimité par le Conseil des ministres et qui inclut d'autres aides d'un montant de 4,4 milliards d'euros, prévoit une réduction de 25 centimes d'euros de ces carburants pendant un mois, jusqu'au 30 avril. Draghi a expliqué lors d'une conférence de presse qu' « une grande partie » de ces mesures ne sera pas financée par des caisses publiques mais par « l'évaluation d'une partie des bénéfices extraordinaires que les producteurs réalisent grâce à l'augmentation des coûts des matières premières ». « Nous redistribuerons cet argent aux entreprises et aux familles qui sont en grande difficulté », a déclaré le Premier ministre, qui a attribué cette situation à la guerre en Ukraine. Le prix des carburants n'a augmenté que récemment, comme le montrent les données hebdomadaires du ministère de la Transition écologique, les dernières du 14e jour dernier. Le prix que paient les Italiens pour l'essence a grimpé de 231,44 % par rapport à la semaine précédente, tandis que celui du carburant diesel a augmenté de 325,3 % et celui du gaz liquéfié de 17,12 %. Dans ce contexte, chaque litre d'essence coûte 2 184 euros, dont 48,6 % représente sa valeur commerciale (1 062 euros) et les 51,4 % d'accises restants (0,728 euros) et la TVA de 22 pour cent (0,393 euros). Le diesel vaut 2 154 euros le litre, dont 53,3 % représente le prix industriel (1 148 euros) et 46,7 % proviennent des droits d'accises (0,617 euros) et de la TVA (0,388 euros). Bref, près de la moitié du prix final du carburant est des « accisas », des taxes d'accises ajoutées pour financer la réponse aux urgences qui ne sont pas éliminées par la suite, comme les inondations de Florence en 1966 ou la guerre d'Éthiopie de 1935, y compris. La réduction des droits d'accises ne durera qu'un mois car l'intention est de vérifier l'évolution du marché dans les prochaines semaines et de traverser cette période de volatilité : « Ensuite, nous évaluerons », a avancé le Premier ministre. Le ministre de la Transition écologique, Roberto Cingolani, s'est récemment attaqué aux entreprises énergétiques, déclarant qu' « il n'y a aucune raison technique » à l'augmentation des prix et qu'elles ont été qualifiées d' « escroquerie » et de « spéculation ». La valorisation extraordinaire des bénéfices des entreprises productrices d'énergie sera de 10%, a précisé le responsable de l'économie, Daniel Franco. Le décret augmente également le nombre de ménages qui pourront accéder à une aide pour payer leurs factures d'électricité et de gaz, de 4 à 5,2 millions de membres de la famille ayant un revenu inférieur à 12 000 euros par an. Et les entreprises seront autorisées à payer leurs factures en plusieurs fois pour mai et juin, dans un maximum de 24 mensualités. Quant au gaz, dont l'Italie importe 90 % de sa consommation et dont plus de 40 % provient de Russie, Cingolani a estimé qu'il était « très urgent » de fixer un prix maximum pour « éviter la spéculation ». CHEF GSM/FPA