La France va acquérir près de 90 % des 3,1 milliards d'euros (3,43 milliards de dollars) de l'augmentation de capital que le géant de l'énergie EDF a annoncée vendredi pour renforcer ses finances sous pression.
Le 18 février, EDF avait déjà avancé cette mesure, face à une année 2022 difficile en raison de problèmes de production nucléaire et des demandes du gouvernement de limiter le prix de l'électricité.
« L'augmentation de capital que nous lançons aujourd'hui permettra au groupe de renforcer sa structure financière, dans le contexte des événements de 2022 », a déclaré le président exécutif du groupe, Jean-Bernard Lévy, dans une note.
Le géant de l'énergie proposera 2 nouvelles actions pour 13 existantes, au prix unitaire de 6,35 euros (environ 7 dollars) pour chaque nouvelle action, tout en maintenant le droit de souscription préférentiel.
L'État, qui détient environ 84 % du capital d'EDF, a confirmé dans un autre communiqué qu'il renouvelait son « engagement », avec une souscription de 2 654 millions d'euros (2 935 millions de dollars).
« L'État contribue (...) à assurer la situation financière d'EDF et sa capacité de financement à court et moyen terme, et à permettre à l'entreprise de poursuivre sa stratégie de développement rentable dans le cadre de la transition énergétique », a-t-il ajouté.
EDF cherche, avec d'autres mesures, à assainir les finances, notamment lorsque sa dette s'élevait à 43 milliards d'euros (environ 48,8 milliards de dollars) à la fin de 2021 et qu'elle fait face à des investissements importants.
En 2021, le bénéfice net du groupe s'élevait à 5,1 milliards d'euros (environ 5,64 milliards de dollars), mais les choses se compliquent en 2022.
Les problèmes de corrosion dans les systèmes de sécurité, qui l'ont obligée à fermer plusieurs réacteurs pour inspection, réduiront ses capacités de production d'électricité.
Par ailleurs, le gouvernement l'a contraint à vendre plus d'électricité à bas prix à ses rivaux pour limiter la hausse de la facture à 4% cette année, alors que la principale préoccupation des Français à l'élection présidentielle d'avril est le pouvoir d'achat.
Le président français Emmanuel Macron a également annoncé son intention de construire 6 réacteurs EPR2 en France, ainsi que l'étude de huit autres, dans le cadre de son plan de « renaissance » du secteur nucléaire.
CDU/TJC/Moi